À l’occasion de son Assemblée générale à Naples, la Commission interméditerranéenne de la CRPM s’est vue décerner le prestigieux Prix Méditerranée, dans la catégorie Institutions, par la Fondazione Mediterraneo.

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Les régions périphériques et maritimes de la Méditerranée ont mis en avant leurs grandes priorités politiques, notamment la nécessité d’adopter une stratégie coordonnée face à une crise migratoire qui s’aggrave, l’importance d’une nouvelle Europe basée sur la solidarité et la cohésion, et le besoin d’une coopération à plusieurs échelons dans la région méditerranéenne.

Ces priorités ont été présentées par les régions membres lors de l’Assemblée générale annuelle de la Commission interméditerranéenne (CIM) de la Conférence des Régions Périphériques et Maritimes (CRPM), qui s’est tenue à Naples, en Italie, les 6 et 7 juillet. Une déclaration politique évoquant les grands défis actuels et intégrant des recommandations spécifiques a été publiée.

Outre les personnalités politiques des régions de la CIM, cet événement fortement médiatisé a également attiré des représentants de la Direction générale des Affaires maritimes et de la Pêche (DG MARE) de la Commission européenne, de l’Union pour la Méditerranée, des programmes européens de coopération pour la Méditerranée ainsi que de réseaux d’universités et des autorités locales.

À cette occasion, la CIM s’est également vu remettre le prestigieux Prix Méditerranée décerné par la Fondazione Mediterraneo, pour son travail en faveur de la cohésion et du développement régional de la Méditerranée.

En ce qui concerne la crise migratoire, la CIM et ses régions membres appellent l’Union européenne et la communauté internationale à élaborer une stratégie à long terme pour gérer efficacement la pression croissante que subissent les pays du Sud de l’Europe. Cette stratégie doit prévoir une implication adéquate des régions méditerranéennes dans le processus décisionnel de l’UE, en leur offrant suffisamment d’aide et de ressources pour faire face au défi que représentent l’accueil et l’intégration des migrants.

Apostolos Katsifaras, Gouverneur régional de la région grecque de Dytiki Ellada, et Président de la Commission interméditerranéenne de la CRPM, a déclaré : « Nous saluons la démarche de la Commission européenne pour alléger la pression qui pèse sur les côtes méditerranéennes des pays de l’Union, le plan récemment adopté au profit de l’Italie ainsi que les possibles mesures en faveur de la Grèce, mais nous avons besoin d’une stratégie coordonnée qui s’attaque aux causes profondes des déplacements humains, par coopération avec les pays d’origine, la lutte contre la pauvreté et le trafic humain et le renforcement du développement socio-économique. Nous exhortons les États membres de l’UE à injecter plus d’argent dans le Fonds d’affectation spéciale pour l’Afrique et, d’une manière générale, à soutenir la coopération avec les pays d’origine des migrants. »

En ce qui concerne l’avenir de l’Union européenne, la Secrétaire générale de la CRPM, Mme Eleni Marianou, a indiqué que : « Les défis complexes auxquels l’Europe se heurte ont généré un climat d’incertitude, et les négociations consécutives au Brexit auront des répercussions à différents niveaux dans tous les pays d’Europe, notamment en Méditerranée. Je me félicite que les régions de la CIM soutiennent la grande vision de la CRPM d’une Europe réformée basée sur une cohésion territoriale, sociale et économique accrue et une coopération à l’intérieur et au-delà de ses frontières, mais aussi d’une Europe fondée sur des valeurs communes, en particulier la solidarité ».

Conformément à cette position, les régions membres de la CIM plaident pour une Politique de cohésion pour la période postérieure à 2020 renforçant et redynamisant l’UE. La future Politique de cohésion devrait concerner toutes les régions et s’intéresser aux disparités sociales, économiques, environnementales et territoriales qui ne cessent de se creuser, et s’efforcer de contrebalancer les incidences négatives du Marché unique. Elle doit également prévoir un ensemble de règles communes à l’ensemble des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI).

La CIM reconnait que les régions de la Méditerranée sont particulièrement touchées par le chômage des jeunes et les problèmes d’intégration sociale qui en découlent. Serena Angioli, Ministre régionale de la Région de Campagnie et hôte de la réunion a déclaré que « le taux de chômage des jeunes dépasse 40 % en Grèce, Espagne et Italie, nous devons créer des emplois concrets pour les jeunes et stimuler l’éducation et la mobilité, qui sont cruciales pour la croissance des territoires méditerranéens. L’UE devrait renforcer son soutien à nos actions ».

Sur le plan de la coopération, les régions de la CIM soutiennent également de nouvelles initiatives et stratégies susceptibles de renforcer la coopération en Méditerranée et une gouvernance à plusieurs échelons, notamment l’Initiative maritime WestMed, l’EUSAIR et l’Initiative BLUEMED, quelques exemples d’une longue liste de projets de coopération dans la région méditerranéenne dans lesquels elles sont activement impliquées.

Au regard des Affaires maritimes, les régions de la CIM insistent sur la nécessité de promouvoir l’économie bleue en Méditerranée avec l’UfM, tout en assurant la préservation de l’environnement. En matière de climat, d’environnement et d’énergie, elles réaffirment la volonté des régions méditerranéennes de contribuer à l’Accord de Paris sur le climat, pour promouvoir des systèmes de gestion de l’eau plus efficaces et favoriser une rénovation énergétique novatrice des bâtiments. Enfin, sur le plan du transport et de l’accessibilité, les régions de la CIM pressent la Commission européenne et ses États membres d’accélérer la mise en service des infrastructures situées dans les corridors du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe liées à la Méditerranée ainsi que la création de liens entre ceux-ci et les Autoroutes de la Mer.