La première Assemblée annuelle de la Communauté pour la Croissance Bleue s’est tenue à Montpellier les 4 et 5 février 2020, parallèlement au Bureau politique de la Commission Interméditerranéenne (CIM). La réunion a rassemblé des décideurs à plusieurs niveaux, des acteurs du secteur privé, des entrepreneurs, des experts, des chercheurs et des organismes du programme Interreg venus de toute la Méditerranée, pour présenter et discuter des recommandations politiques sur les secteurs de l’économie bleue en Méditerranée. Plusieurs régions CIM étaient représentées à cette occasion.

Après trois ans d’exécution dans le cadre du projet InnoBlueGrowth, désormais appelé Blue Growth Community, l’Assemblée a mis en place une nouvelle suite de recommandations et a accueilli de nouveaux membres du projet pour la prochaine phase (2019-2022). Dans cette nouvelle phase, la Communauté concentrera ses efforts sur l’approfondissement de la diffusion et de la transférabilité des résultats des projets thématiques, travaillant sur des thèmes spécifiques tels que la surveillance maritime, la navigation de plaisance, les énergies renouvelables, l’aquaculture, la pêche, le tourisme maritime et côtier, etc.

Sept recommandations politiques clés incluses dans la Position Politique élaborée par la Communauté ont été discutées dans divers panels, ce qui représentait l’occasion, pour la Blue Growth Community, d’explorer des applications pratiques et des perspectives de mise en œuvre dans des contextes régionaux.

Dans le premier panel, l’Assemblée s’est concentrée sur la dimension de durabilité de l’économie bleue. A cette occasion, la région Friuli-Venezia Giulia a présenté la stratégie nationale italienne sur la question et son application sur son territoire. La Région Frioul-Vénétie Julienne a présenté la stratégie nationale italienne concernant cette question et son application sur son territoire. L’Agence nationale des ressources naturelles d’Albanie a également présenté tous les efforts actuels et à venir en matière de tourisme durable qui seront entrepris dans le pays par le gouvernement albanais. Une dernière présentation a porté sur la stratégie de la Région Occitanie vers une économie bleue plus durable. Les trois intervenants ont souligné la nécessité de maintenir l’équilibre entre la protection de l’environnement et le développement économique.

L’accent a ensuite été mis sur les synergies et la coopération entre les pays méditerranéens via la présentation de quatre clusters méditerranéens travaillant sur l’économie bleue. Par exemple, le projet Interreg MISTRAL a été présenté par le cluster des Baléares Maritimes. Le projet a mis en place plusieurs accélérateurs de start-up, a favorisé les synergies entre start-ups et grandes entreprises, et a organisé des formations pour devenir « business angel ».

La planification côtière et maritime était également un sujet important discuté lors de l’Assemblée. Pour cette raison, la nécessité d’une harmonisation des législations nationales ainsi que le développement des échanges de données et des technologies ont été nettement mis en avant par plusieurs représentants régionaux. La valorisation des activités d’aquaculture et de pêche a également été soulignée comme un secteur pertinent pour la planification côtière et maritime et devrait être pleinement prise en compte par la Communauté pour des analyses plus approfondies.

Le dernier panel a souligné l’importance de l’éducation et de la sensibilisation au secteur de l’économie bleue durable. Plusieurs représentants des universités méditerranéennes ont présenté leurs bonnes pratiques à travers des projets existants tels que BLUE DEAL (spin-off du projet MAESTRALE), dirigé par l’Université de Sienne en Italie, ou le projet BLUE FASMA présenté par l’Université de Patras en Grèce. Les deux projets, respectivement axés sur les énergies marines, la pêche et l’aquaculture, visent à sensibiliser au potentiel de ces secteurs, à délivrer des formations sur-mesure et efficaces aux étudiants et à renforcer les synergies entre les différentes catégories d’acteurs.

Cette Assemblée a pu, grâce à la participation des partenaires associés et des organes de gouvernance régionale qui ont apporté leur contribution en présentant les projets existants et les bonnes pratiques, se concentrer sur la capitalisation des résultats et les recommandations en vue de leur diffusion. Le Conseil consultatif a pour objectif d’identifier les outils pertinents à exploiter au sein de la communauté, de favoriser l’échange de bonnes pratiques entre les différentes parties prenantes et d’encourager les administrations locales et régionales à reproduire cet outil afin de moderniser leurs propres stratégies.

A l’issue du Conseil Consultatif, la Région Occitanie a également accueilli la réunion du Bureau politique de la Commission Interméditerranéenne pour discuter de ses travaux en cours, de ses projets et des priorités de ses membres en vue de son Assemblée Générale (19-20 mai 2020 à Séville).

Ces deux journées de l’Assemblée de la Communauté de la croissance bleue ont permis de définir le rôle de la Communauté et de poser les premiers jalons permettant de transférer et d’intégrer les résultats des projets de croissance bleue dans les politiques à plusieurs niveaux. La Communauté continuera à construire ses réflexions autour de la mise en œuvre d’une économie bleue durable en Méditerranée et du renforcement de ses liens avec les différents acteurs clés des secteurs bleus. Cette première Assemblée fut une occasion bénéfique de rechercher une plus grande intégration avec d’autres communautés de parties prenantes, tout en atteignant des résultats transversaux pour relever les défis communs en Méditerranée.